Ceux que l'on met au monde...

Je me permets d'emprunter ce titre à Linda Lemay, qui m'a immensément touchée avec ce texte magnifique. Il reflète avec une acuité parfaite ce que je peux ressentir comme maman d'un "enfant différent"... (Linda, comment tu sais tout ça ???)

13 février 2008

Ma fille chez Woody Allen

Une fois n'est pas coutume, c'est Tiphaine l'héroïne de ce billet.

L'autre jour, une nième copine l'appelle pour qu'elle l'aide pour ses devoirs... Tiphaine l'oriente un peu (je lui ai conseillé d'indiquer le cheminement pour trouver... mais pas de donner les réponses ! et de demander la même chose quand elle est en rade... j'espère que c'est ce qui se passe vraiment !)...
L'autre insiste...
Tiphaine me regarde en levant les yeux au ciel, et lui dit :

- "Heum, désolée mais là, va falloir que je te laisse, j'ai rendez-vous chez ma psy..."
- ...
- "Oui, oui, de temps en temps, je vais chez une psy !"

Et moi, morte de rire...

En fait, c'est moi qui devait y filer...

Par ailleurs, j'ai déjà consulté avec elle quand elle avait 5/6 ans... "comme ça", pour être rassurée... et euh... cela a été en résumé : "Votre fille va très bien... Mais vous ? vous voyez quelqu'un... ?"... oui, oui... merci Docteur...

Pour compléter l'anectote, à l'époque Tiphaine me disait quand je venais la chercher à l'école "Aaah ! me dis pas qu'on va voir ce maudite Docteur !!!" et maintenant, j'ai l'impression qu'elle trouve ça très chic... ;o)

Posté par Lalilulla à 18:36 - Tiphaine a dit... - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

mdr Tiphaine!!!!
quand à ton expérience, j'ai un souvenir du même genre: au final, c'est moi qui y suis passée...mais au final c'est lui qui en a toujours besoin. Combien d'années perdues???

Posté par silo, 14 février 2008 à 09:33

J'espère qu'elle ne va pas lire ce blog la "copine lâchée"...

Bisous les filles...

Posté par Danny, 14 février 2008 à 12:18

excellent!

quelle répartie!quel talent!comme dit Gad Elmaleh, c'est bizarre de dire "je vois quelqu'un" ou "je me fais aider" ou que sais-je encore. Je préfère la version : "merde, je suis encore en retard pour mon rdv chez le psy!!!bonne soirée

Posté par Blandine, 14 février 2008 à 19:23

Morte de rire! C'est pas bien de mentir, mais là, je te comprends. Bravo pour ton à-propos.

Posté par dany, 15 février 2008 à 02:02

très rigolo !

Posté par capucine, 15 février 2008 à 13:12

J'ai emmenée ma pépette chez le psy quand elle avait 16 mois et idem, la nénette m'a dit que Swann n'avait pas besoin d'un suivi mais m'a demandé si j'étais suivie, moi...
Ah ? vous croyez ?!!! lol !

Posté par sandra, 15 février 2008 à 19:42

J'ai emmené ma pépette chez le psy quand elle avait 16 mois et idem, la nénette m'a dit que Swann n'avait pas besoin d'un suivi mais m'a demandé si j'étais suivie, moi...
Ah ? vous croyez ?!!! lol !

Posté par sandra, 15 février 2008 à 19:44

lorsque nous sommes allés voir la psy la première fois pour mon fils, celle ci a démarré la séance en me regardant droit dans les yeux et en me disant : "si votre fils est handicapé, c'est de votre faute, vous le savez", inutile de dire que le flot de larmes longtemps contenu, s'est déversé, et mon fils (deux ans et demi à l'époque) me voyant pleurer, s'est dirigé à quatre pattes vers la psy, l'a tapé... sans doute cette psy avait elle fait exprès, en tout cas, moi je ne suis jamais aller en consulter un, et pas prête d'y aller après de tels propos, car bien évidemment que je culpabilise, pas besoin de me le rappeler... l'art et la manière de dire les choses : cela m'a laissé un souvenir plutôt "amer".. des années après, mon fils, ado, consulte un psy, qui n'a pas eu la même démarche vis à vis de moi... mais je n'en ai toujours pas consulté, l'écriture est mon exutoire !

pas mal la réaction de votre fille !

Posté par laurence, 16 février 2008 à 08:56

La foire au psy.

Le marché des Psy!
Pour trouver un psy convenable, il faut savoir les juger. Ce qui n'est pas facile. Pour vous aider, je voudrais vous faire connaître ce texte: "Thérapie Cognitive et Comportementale."

Nous parlerons de thérapies cognitives (TC) ou de psychopathologie cognitive et non de l’ensemble de la psychologie cognitive, dont l’objet est l’étude des conditions et des processus psychologique généraux de la connaissance.
Les TC proviennent des USA, et se sont développées au début des années 90, dans un esprit très pragmatique d’efficacité, en réaction aux résultats très aléatoires et souvent très long (10/15 ans) de la cure psychanalytique. Les TC pratiquées pour guérir les dépressions donnent 60 à 70% de réussite sur un délai de 2/3 ans.
Personnellement je considère que les concepts fondamentaux de la psychanalyse sont tout à fait justes, mais de valeur faiblement opératoire. Il s’agit dans la cure psychanalytique de déconstruire, de casser une maison qui n’a plus d’assise, cependant il aurait fallu une deuxième vie à Freud, pour établir une véritable méthode de reconstruction. C’est là qu’interviennent les TC.
Le principe de base de la cure psychanalytique c’est le « pourquoi ? », les causalités régressives infinies dans l’histoire du sujet. Le sujet se plonge indéfiniment dans une remémoration de son histoire, le plus souvent infantile ; c’est le perpétuelle « pourquoi du pourquoi », comme dans une sorte de puit vertigineux sans fin, qui finalement, peut l’engloutir – ce serait l’image de la chute libre dans un vide de repères, d’où les dangers de l’analyse. L’objet d’une TC est d’aider le sujet à disposer lui-même et rapidement ses propres barrières face à la montée de ses angoisses. Si l’on doit recourir à une image, comparons l’angoisse du dépressif à une avalanche qui effondra sa personnalité; l’analyse laissera « l’avalanche » se dérouler pour en étudier progressivement les causalités premières, les TC disposeront tout de suite au sommet des pares avalanches pour éviter l’effondrement de la personne. Certes cette image est très sommaire, mais non caricaturale.
Il s’agit dans les TC, de remonter aux schèmes fondateurs des distorsions cognitives du sujet et de les assouplir, car on sait que l’on ne peut totalement les faire disparaître.
Par « schèmes cognitifs », il faut comprendre les schémas mentaux à travers lesquelles on interprétera les situations de la vie, et par « distorsion cognitive », le fait que tout évènement, par exemple dans le cas du dépressif, sera faussement interprété de façon négative. L’histoire du sujet intervient donc aussi, mais in fine, et non comme principe de base, principe moteur de la thérapie.
Ces schèmes sont comparables pour le dépressif -encore une image- à des plaques chauffantes de cuisson (lol) dont le thermostat serait à 9 ou10 sur une échelle de 10, qui ne toléreraient plus rien ; il s’agit par la thérapie, de ramener le thermostat à 2 ou 3, pour que le sujet puisse vivre normalement.
Les schèmes cognitifs moteurs de la dépression ne sont pas nombreux, disons 3 ou 4, et peuvent s’interconnecter, se superposer, totalement ou partiellement :
1 le sentiment d’abandon parental, c’est le « je suis seule, abandonné.. »,
2 le sentiment de culpabilité, « je suis coupable de…, c’est ma faute si …»,
3 la dévalorisation de soi, « je vaux rien, je suis nul…. »,
4 et le sentiment de ne pas être aimé, « personne ne m’aime… » mais cela rejoint le premier schème.

Cette thérapie s’effectue par l’écrit – qu’est ce qu’on écrit…. !
Dans un premier temps on trace des colonnes sur une page, Pensées Négatives, Pensées Alternatives. Et déjà là, au tout début, on aperçoit l’aspect pragmatique et immédiatement opérationnelles de la thérapie cognitive, puisque, des Pensées négatives notées, il faut faire l’effort d’en sortir, d’en extraire une Pensés Alternative qui ne serait pas Négatives ! C’est donc un processus dynamique, où il ne s’agit pas de se raconter bêtement, et le psy, n’intervient que pour vérifier si il y a une suite logique cognitive entre les Pensées Négatives et Alternatives. Ce n’est pas un vague suivi de sa part ou une écoute stérile passive. Et même dans ces thérapies les psy écoutent -au sens traditionnel du terme en psy- très peu, ils évitent surtout que tu te «racontes » et recherche, à ce que tu t’actives.
Il va s’en dire, que par la suite « le jeux des colonnes » devient progressivement de plus en plus compliqués ; on aboutit finalement à une vision globale de sa vie, mais maîtriser, et aux schèmes originaire, spécifiques, très précis qui provoquent dans le vécu particulier du sujet le sentiment dépressif.
Cela dure en général 2/3 ans.
Exemple vécu dans une période dépressive :
« Je suis devant mon PC, le Modem tombe en panne, et d’un seule coup l’angoisse m’envahit sans cause particulière. Au lieu de céder à la panique, à cette spirale vertigineuse de l’anxiété du dépressif, je recherche une pensée alternative, et finalemen, je la trouve en pensant : mais j’y suis pour rien, c’est pas moi qui est fabriqué ce Modem. Si il tombe en panne, c’est qu’il y a défaut de fabrication, dont je ne suis pas responsable : immédiatement l’angoisse diminue fortement »
Voilà. Il va s’en dire que dans le cas de fortes dépressions, cette thérapie ne peut s’accomplir sans l’aide d’antidépresseurs, qui permettront au sujet de raisonner, d’avoir accès à un état de conscience, où une pensée discursive et méthodique peut fonctionner.
Thérapie cognitive et « comportementale », c’est lorsque le psy prescrit des « comportements » dans la vie du sujet, extrêmement valables notamment dans le cas de phobies.
Prenons le cas des personnes, qui ont peur de conduire ou de passer leur permis.
Dans un premier temps le psy demandera à la personne de simplement passer devant une auto école. Puis ensuite d’entrer et de demander juste, le prix des leçons. Puis de prendre une petite heure de cours, etc., etc.…Et donc progressivement le sujet s’inscrit « cognitivement » dans un processus pratique pour conduire une auto, processus qui le plus souvent devient irréversible.

Mon psy voudrait bien que j’abandonne le vin rouge, mais là, le pauvre, il a pas trouvé encore le joint cognitif….Lol
En général, les psy qui pratiquent ces méthodes sont des psychiatres de haut niveau, très bien formés, et pas des psychologues de pacotilles, ayant ramassé un DESS de Psycho dans un labo minable ! Car malheureusement la formation de psychologue, en France, est nulle.
Il se peut aussi, qu’il faille avoir vécu en tant que « patient » ce type de thérapie.

Thérapie cognitive (suite) : la notion de biais cognitifs.

La Thérapie Cognitive (TC) a volontairement une orientation pragmatique, un objectif immédiat et effectif, de court-circuiter « au quotidien » un processus pathologique ; cela s’inscrivant bien évidemment, dans le cadre d’un procès à long terme de la réduction globale du pathos.
Dans le cadre des dépressions ou maladies anxieuses, il s’agit de désamorcer par un acte de cognition un entraînement du sujet dans l’angoisse, angoisse qui s’autonomise comme une spirale baissière, enfonçant la conscience et la volonté du sujet dans une paralysie. Il faut donc reconnaître, ce qui est dans le temps, de ces « emballements réflexifs négatifs », la part purement pathologique de la pensée nommée distorsion cognitive, pour rompre cette chaîne d’automatisation de l’anxiété.
A cet effet les TC reconnaissent 5 types majeurs de biais cognitifs fonctionnant dans les dépressions, et provocant ces distorsions :
1- l’inférence arbitraire : tirer hâtivement des conclusions sans preuve ;
2- l’abstraction sélective : se concentrer sur un détail hors contexte, ne retenir que l’élément négatif ;
3- la surgénéralisation : étendre à toute les situations une expérience malheureuse isolée ;
4- la maximalisation et la minimalisation : attribuer une plus grande valeur aux échecs, dévaloriser les réussites ;
5- la personnalisation: surestimer les relations entre les évènements défavorables et soi - tout est la faute du sujet, toute réussite n’est qu’un heureux hasard, qui ne saurait durer en dehors de ses propres capacités obligatoirement permanentes.

Ainsi, à travers ces concepts de psychologiques on perçoit nettement l’apprentissage pour le sujet d’une méthode, d’une technique, lui permettant de façon immédiate et permanente, de tender de faire disjoncter son angoisse, et de se reconstruire, en restructurant sa cognition. C’est dans ce mouvement, que progressivement les schèmes cognitifs de la dépression vont perdre de leur intensité, pour amener le sujet à une vision moins négative des choses.
Les TC sont donc une pratique expérimentale, la psychanalyse une théorie fondamentale de la formation et de l’histoire du sujet.

Posté par attilus, 16 février 2008 à 22:03

Tiphaine tu es trop forte!!
J'ai bien rigolé en lisant sa reflexion!!

Posté par Titsev, 17 février 2008 à 11:54

Il se trouve que le papillon de l'amitié est venu me voir
Parti de chez Corinne, il m'a dit de faire passer ce message
à mes amis les plus cools,
Ce papillon envoie le bonheur,
la chance,
la santé et l'amour.
que de jolies et bonnes choses
Alors voilà;
je te le passe à toi!
Fais tourner à tes fidèles amis
Attention!!!
Il va arriver
sur ton pc
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bisous

Posté par Danny, 17 février 2008 à 20:26

j'adore la répartie de tiphaine, je sortirai ca aux demarcheurs telephoniques^^

Posté par elodie, 17 février 2008 à 20:37

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